LA BRODERIE POUR SE RACONTER Un atelier pour les résidentes du CHU Bastion-Bercy

Un format spécifique d'intervention, autour de la broderie, dans le cadre des rencontres mises en place par l’’association Aurore au sein du CHU Bastion Bercy. A partir du 8 mars, Journée Internationale des Droits des Femmes, des rendez-vous sont proposés aux femmes du centre, tous les 8 du mois, pour un moment d’échange avec des intervenants extérieurs, sur le thème de la femme.



Faire connaissance


Avant de commencer l’atelier de broderie*, nous avons proposé un échange informel autour de souvenirs liés au vêtement, au textile, qui est pour beaucoup de femmes un territoire de transmission, d'inscription dans une culture, et pour nous une source d’inspiration et un moyen d’entrer en relation.

L’occasion, par exemple, pour l’une de nos participantes, de nous raconter l’art de filer le coton que maîtrisait sa grand-mère, dont elle pouvait encore mimer les gestes, et d’évoquer le trousseau tissé de ce même coton, puis brodé à la main, que sa mère lui avait remis.

Cet échange et ce partage ont permis de mettre en place un climat de confiance et de bienveillance, précieux pour le déroulement de l’atelier.


Broder pour se raconter

Pour poursuivre cette exploration du récit personnel, nous avons proposé à chacune de réaliser une broderie, sur le thème de la fleur, symbole de diversité et de beauté, mais aussi de création, à l’image de ce que chaque femme porte en elle de potentialités.

Des motifs floraux variés pour l’inspiration, des fils de couleurs, ont été mis à disposition, avec quelques consignes simples (format, points) pour réaliser sur des carrés de drap ancien les motifs d’un ouvrage commun, un “kakemono”, également en drap ancien, qui sera exposé par la suite dans la salle d’activités du centre.


Une envie de se retrouver, de reformer le cercle pour, un point après l’autre, s’exprimer, raconter avec du fil et des couleurs.

Des gestes retrouvés

Maladroits au début, les gestes sont devenus plus assurés au cours de l’atelier et ont réveillé des souvenirs anciens de broderies enfantines ou de jeunesse.

La timidité a laissé la place au plaisir de faire ensemble, et à quelques bavardages.

Certaines ont avancé très vite, jusqu’à terminer leur ouvrage, certaines ont respecté les consignes quand d'autres les ont savamment contournées.

Les fleurs terminées ont été cousues sur le “kakemono”, les autres seront achevées au rythme de leurs autrices et accrochées ensuite sur le support.


Le niveau d’énergie des participantes s’est développé au cours des trois heures passées ensemble, et, au moment de ranger aiguilles et écheveaux, l’envie de continuer la broderie était très perceptible chez la plupart d’entre elles.

Une envie de se retrouver, de reformer le cercle pour, un point après l’autre, s’exprimer, raconter avec du fil et des couleurs.

Un petit groupe a évoqué le projet de broder ensemble une nappe, avec de grandes fleurs.


D’autre ont eu envie de découvrir, pourquoi pas à l’occasion d’un nouvel atelier, la réparation visible, qu’elles ont pu voir sur le gilet gris que portait Isabelle Cabrita ce jour là et qui est réparé-brodé en plusieurs endroits en rouge et en blanc.

Nous nous sommes inspirées les unes les autres !


Un grand merci à Tiphaine de nous avoir proposé de faire partie du programme qu’elle a mis en place pour les femmes du centre, et à Prisca et Maeva, en service civique et en stage, qui nous ont secondées pendant l’animation de cet atelier.



*(l'atelier d’une durée de 3 heures, a été proposé à une dizaine de femmes résidentes du centre*, il s’est déroulé dans la salle de réfectoire, avec les masques et en respectant au maximum les règles sanitaires en vigueur.)